» Système Web pour les Groupes Vocaux et Musicaux

Présentation » Programmes

Capture d’écran 2016-05-20 à 15.05.27 Capture d’écran 2016-05-20 à...

Canzone guerriere, amorose e bestiale

Création 2017 

Durant la première moitié du XVIe siècle, la musique italienne profane connaît un développement sans précédent grâce à l’essor de l’imprimerie musicale. Les chants polyphoniques en langue italienne se déclinent à travers divers genres : frottole, madrigali, strambotti, ode, sonetti, canzone, villanelle… Les textes de formes et de registres différents donnent des saveurs singulières à ces chants interprétés tantôt à la cour, tantôt dans les rues ou dans un contexte domestique. Les auteurs/compositeurs y déclinent des thématiques telles que la nature, l’amour ou la guerre. Le programme s’articulera notamment autour d’une bataille de Matthias Werrecore écrite en l’honneur de la victoire, à Pavie, des Italiens emmenés par le duc de Milan, Francesco Sforza, sur les troupes françaises de François 1er. Cette œuvre, dont le contrepoint rappelle la bataille de Marignan de Clément Janequin, sera accompagnée de pièces de Josquin Desprès, de Philippe Verdelot et de Costanzo Festa. El grillo è buon cantore ! Dalle beve grillo canta !

6 chanteurs et 1 luth



Via Lusitana 

Création 2016        

Musiques des chemins portugais de St Jacques de Compostelle

 à la Renaissance

 

 

Tous les chemins mènent à… Compostelle. Depuis le Moyen Âge, des pèlerins venus de l’Europe entière viennent célébrer St Jacques, le saint patron de l’Espagne. Si nous sommes familiers avec les routes qui partent de France, d’autres tracés partaient également du Portugal. La Via Lusitana en constitue l’exemple le plus emblématique. Ce chemin part de la capitale Lisbonne, se poursuit vers Coimbra et son université, passe par Braga et sa grande cathédrale, puis rejoint progressivement St Jacques de Compostelle. Ces villes qui jalonnent ce camino portuguès constituent d’importants centres musicaux où s’épanouissait un art polyphonique d’une ampleur considérable. Aujourd’hui oubliées, les oeuvres de Manuel Cardoso (1566-1650), Estévâo Lopez Morago (ca 1575 – ca 1630), Joannis Navarro, Duarte Lobo (1565-1646), Bartholomeu Trosilho (1500-1567), Pedro de Cristo (ca 1545-1618), Juan IV (1604-1656), Estévâo de Brito (1570-1641) ou encore Filipe de Magalhaes (1571-1652) témoignent d’une tradition musicale typiquement portugaise où la science contrapuntique est mise au service de l’expression du texte. Ce cheminement musical et spirituel sera accompagné d’une mise en espace où chaque station permettra de faire référence à un lieu de la Via Lusitana.

 L’Ensemble Scandicus sort des sentiers battus pour vous proposer un voyage inédit !

 Programme assuré par 8 chanteurs a cappella.


Philippe Basiron, Missa de Franza 


L’ensemble scandicus vous fait découvrir une figure majeure de la Renaissance. Célébré en son temps par ses compères Pierre Moulu, Guillaume Crétin, Franchinus Gaffurius et Giovanni Spataro comme un musicien exceptionnel, Philippe Basiron, que les intimes nommaient Philippon, est également cité parmi les dix-sept grands compositeurs du quinzième siècle par le poète Eloy d’Amerval. Sa renommée dépassait largement les limites du territoire français si l’on en croit son parcours à la Chapelle Sixtine, ainsi que la remarquable diffusion de sa musique, notamment en Italie. Ce programme, constitué de certaines pièces de Philippe Basiron conservées dans les fonds de la Bnf (Ms. fr. 1597 ; Ms. n.a. fr. 4379/IV), fera cheminer l’auditeur du profane au sacré, en terminant par l’inédite Missa de Franza, dont le raffinement et l’inventivité du contrepoint en surprendra plus d’un !


Un Parangon de la Polyphonie

Sacré/profane, salé/sucré, acide/suave, un programme haut en couleurs ! Les drôles

d’oiseaux de l’Ensemble Scandicus proposent un parcours du répertoire à voix d’homme

dans lequel les musiques de Guillaume de Machaut, Dufay, Josquin des Prez ou Orlando di

Lasso résonneront à côté de celles d’Agricola, Verdelot et Janequin sans oublier un petit

clin d’oeil à la chanson harmonisée du 20e siècle.

Ce programme vous donnera un excellent apercu de la musique vocale polyphonique de

la Renaissance à 3, 4, 5 et 6 voix.


De L’honnête Volupté


“Bonum vinum laetificat cor hominis”


Le bon vin réjouit le coeur de l’homme


Rabelais, dans le Quart livre, relate le voyage de Pantagruel et de ses compagnons partis afin d’interroger l’oracle de la Dive Bouteille. Nombres de poètes de la Renaissance, de Clément Marot à Pierre de Ronsard, de Joachim du Bellay à Antoine de Baïf écrivent maints poèmes sur la « bonne chiere » et ce nectar de la vigne qui ne laisse personne indifférent. Ces mêmes auteurs s’emparent avec bonheur, et souvent une certaine éloquence que l’on pourrait qualifier d’égrillarde, des rapports coquins. Thématique centrale de ce programme, le vin, ce précieux nectar si cher à Bacchus, est l’objet, au Moyen Âge et à la Renaissance d’une attention particulière de la part des poètes. Ronsard invite à boire car, si l’on en croît ses mots, « tout boit ». Marot illustre la posture ambivalente de l’homme par rapport à la boisson : « le vin qui trop cher m’est vendu, M’a la force des yeux ravie, Pour autant qu’il m’est défendu, Dont tous les jours m’en croît l’envie ».


Mais que serait le vin sans l’associer aux mets ? Bartolomeo Sacchi dit « Platine » commet une oeuvre importante en 1475 « De honesta voluptate et valetudine » traduit en français et imprimé à Lyon en 1505 sous le titre « le Platine en François ». La quête du plaisir gourmand est-elle compatible avec le maintien du corps en bonne santé ? Platine en bon humaniste, fut le premier à poser cette question. La lecture de cet ouvrage nous a conduit naturellement vers des chansons qui nous parleront de la nourriture, de la bonne chère, de la convivialité sans oublier àtravers tout cela, les moments de plaisir des sens qui tiendront une égale importance.

À consommer sans modération !!!












Une Semaine Sainte au Palais des Doges.


“Les lamentations de Pietro Amico Giacobetti”

L’histoire est un perpétuel recommencement ! Le maître de chapelle de la basilique San Marco, Baldassare Donato, s’apprête à préparer les célébrations tant attendues de la semaine sainte en cet an de grâce 1601. Âgé de 70 ans, ce vieux musicien n’a plus l’énergie de composer des polyphonies élaborées. Insatisfait par les compositions des membres de la chapelle, il décide de se tourner vers des éditions vénitiennes publiées récemment. Quelle ne fut pas sa surprise en tombant sur les sonorités inouïes des Lamentationes cum omnibus responsoriis a cinque voci d’un certain Pietro Amico Giacobetti. Ce musicien, abandonné des histoires de la musique, livre en quelques pages un véritable tour de force polyphonique au moment où cet art subtile semble s’essouffler au profit de la monodie accompagnée. Nul ne saura vraiment l’émotion suscitée par ces œuvres sur ses contemporains.

L’Ensemble Scandicus souhaite, avec cette première mondiale, faire partager l’émotion d’un Baldassare Donato ou encore de ces fidèles venus assister à San Marco au milieu de la nuit aux offices des ténèbres en cette année 1601. L’œuvre de Pietro Amico Giacobetti sera complétée par une création de Daniele Ghisi (Ircam, Casa de Velazquez, Akademie der Künste in Berlin) sur le texte du Miserere. Le psaume 50 qui termine traditionnellement les offices des ténèbres se chante dans le noir pour symboliser le trépas du Christ. Ce compositeur talentueux combinera pour notre plus grand plaisir la musique de la Renaissance et l’avant-garde. Les recherches menées à Venise durant le cinquecento autour du chant à double-chœur trouveront un écho dans cette œuvre hypnotique à dix voix.


Françoise de Foix ou les effets de la jalousie

« Ecoutez tous, gentils gallois, l’illustre destinée de Françoise de Foix, mye du Roi François 1er !  On raconte qu’elle aurait été saignée à blanc par son mari jaloux, le seigneur de Chateaubriand, une nuit sans lune ! Rouge sang sont les murs du château ! » .

L’histoire n’a pas fini de faire couler de l’encre. Chroniques, biographies, romans et opéras ont alimentés les mémoires collectives plusieurs siècles après le drame. La majorité des ouvrages n’a retenu que le terrible épilogue d’une tragédie dont le destin a été scellé bien avant au son de la bataille de Marignan.

Au xixe siècle, l’historien Paul Lacroix soutient cette thèse dans un récit biographique très documenté. Il articule son passionnant discours autour de poèmes, d’iconographies et d’extraits de la correspondance épistolaire entre le roi François et Françoise de Foix qui révèlent, en filigrane, l’admiration que portaient les hommes de lettre et les hommes de pouvoir à cette femme poétesse d’une « beauté farouche ». Charles de Bourbon, un des personnages les plus influents du royaume de France, lui dédie un manuscrit richement décoré, orné par les initiales F.F.

Ce chansonnier, aujourd’hui conservé à la British Library, renferme l’art le plus raffiné des plus grands maîtres de la Renaissance. Les œuvres d’Alexandre Agricola, de Pierre de La Rue ou encore d’Antoine de Févin déclinent, dans ces miniatures polyphoniques, des sujets de cour et font cohabiter amour divin et amour terrestre, passion et trahison, guerre et paix, autant de thèmes qui viennent, en quelque sorte, illustrer la vie de Françoise de Foix. L’Ensemble Scandicus souhaite rendre hommage à cette grande dame de la cour de François 1er, injustement oubliée par l’histoire, avec un spectacle musical et théâtral. La musique se fera commentaire et écho des lectures de pièces poétiques et épistolaires d’époque en français ancien, pour une immersion totale dans l’univers de la cour de François 1er.



“Missa Dominica” - Nicholas Ludford

Songez à l’offrande musicale de Bach deux siècles plus tôt. Imaginez un monarque sanguinaire amoureux des arts, Henri VIII, demandant à un musicien d’improviser ou de composer des polyphonies sur une mélodie à la gloire des Rois d’Angleterre, transmise de génération en génération depuis la proclamation, en 1420, d’Henri V en tant qu’héritier de la couronne française.

Drôle d’histoire que celle de la Messe LeRoy de Ludford dont l’unique exemplaire est conservé à la British Library dans les fonds royaux sous la cote Royal Appendix 45-48. L’Ensemble Scandicus souhaite ainsi vous faire découvrir la beauté et le raffinement de ces polyphonies. Une première mondiale ! 


Prophetiae Sybillarum - Orlando di Lasso (1530 – 1594)

 « Des chants dans un style chromatique tu entendras selon les règles de l’art musical

Par ces mêmes chants fut annoncé naguère par douze fois le miracle du salut,

par les voix de saintes Sybilles » - Lassus, Prophetiae Sibyllarum, Prolog

 Un mystère en cache bien d’autres… Les Prophètes et les Sibylles trouvent une place prépondérante dans l’imaginaire des humanistes à la Renaissance en tant qu’icônes d’une antiquité fantasmée et d’une religion retrouvée. L’Ensemble Scandicus souhaite dévoiler, avec cette nouvelle création, un véritable unica de l’histoire de la création musicale : les Prophéties des Sibylles de Lassus. Le musicien, en véritable peintre des sons, s’illustre ici dans l’art du portrait. Les douze prophétesses apparaissent tour à tour dans des motets miniatures où le genre musical chromatique, inspiré des modes antiques définis par Boèce, révèle une palette de couleurs sonores inouïes. Objet musical aux harmonies insolites d’une modernité à couper le souffle, ces prophéties ont, à l’époque, déchaîné les passions. Lassus, en représentant les sybilles, se situe parmi les prophètes d’un art musical nouveau.   

 

« Horizons croisés »

L’ensemble “Scandicus” et le musicien indien Ravi Prasad se retrouvent autour de cette création pour une exploration musicale. De leur rencontre est né le désir de cheminer ensemble, d’identifier ce qui relie à la notion du Sacré dans le Chant Carnatique de l’Inde du Sud et le chant spirituel occidental.

Au delà de la confrontation des deux traditions monodiques que sont le chant Grégorien et le chant Carnatique, nous avons choisi d’élargir le champ de rencontre au moment où la verticalité « vision médiévale du cosmos » s’insinue dans l’architecture, la peinture et la musique, avec l’apparition des premières polyphonies. L’art gothique se substitue peu à peu à l’art roman et la musique des XIIIe et XIVe siècles en occident témoigne d’un nouvel élan.

« Horizons croisés » retrace ce cheminement, empruntant la voie des « Cantigas de Santa Maria », des « Carmina burana », de l’école de « Notre Dame de Paris », du « Codex Calixtinus », pour aller à la rencontre de Ravi Prasad, interprétant les chants Carnatiques de Purandara Dasa. Les paysages se superposent et se combinent entre Orient et Occident, entre Tradition et Création…

Scandicus : 6 chanteurs et un instrumentiste (Luth, carillon d’argile, psaltérion à archets, percussions) Ravi Prasad : Chant, tampura, kanjira, guimbarde et flûte indienne


Messe “Quam Pulchra es” et Motets - Dominique Phinot (1510-1555)

L’Ensemble Scandicus vous invite  à célébrer le 500e anniversaire d’un compositeur français   hors du communInjustement condamné à mort à Lyon en 1555, Dominique Phinot, malgré sa courte éxistence laisse derrière lui une œuvre fascinante. Son nom reste associé aux premiers exemples de polychoralité développés par les franco-flamands alors en quête de nouvelles textures sonores. Au XVIe siècle Palestrina fur émerveillé par l’harmonie, la magnificence et la volupté de son style qui n’avait d’égal que celui de Josquin Desprez ou de Nicolas Gombert. Construits à partir d’un nouveau rapport au texte sacré, basé sur une intériorité et une profondeur uniques.                                            


Les Lamentations du Prophète Jérémie - Costanzo Festa (1490-1545)

Les Lamentations de Jérémie, dont le texte est d’une grande force dramatique et émotionnelle déplore la première destruction de Jérusalem. Longtemps attribuée à Morales, ce chef-d’œuvre de la Renaissance Italienne composé par Costanzo Festa est un parfait exemple du brassage musical ayant cours à Rome au XVIe siècle. Opérant la synthèse entre la rigueur du contrepoint franco-flamand et l’expressivité du madrigal, Festa signe l’avènement du tsyle italien. Déjouant les codes d’écriture polyphonique, il compose une œuvre d’une beauté et d’une intensité rare dont le caractère est à la fois charnel, contemplatif et spirituel.

« Lorsque les chanteurs unissent leurs voix, ils peuvent créer un monde sonore qui semble sans limite, jouant des couleurs et nuances de leurs voix comme peu le savent. Il faut dire qu’ils dégustent avec gourmandise texte et partiton comme un miel éternel. La qualité de l’interprétation est à la hauteur d’une partition dont on ne dira jamais assez la splendeur et la variété d’inspiration »

Hubert Stoecklin (27/04/2009)


« La renaissance des Espagnes »


 Le mariage de Ferdinand II, Roi d’Aragon et de Catalogne(1452-1516) avec Isabelle, Reine de Castille et de Léon (1454-1504) marque l’union des deux grandes couronnes Hispaniques. La musique profite avec l’avènement des Rois Catholiques d’un dynamisme particulier qui va se développer tout au long de la renaissance. Le nombre des chanteurs, musiciens et ménestrels augmente et de nombreuses compilations de musique polyphonique paraissent.Charles Quint (1500-1558) élu à la tête du Saint-Empire en 1519 était réputé pour avoir l’oreille musicale. Son intérêt pour la musique a encouragé le dynamisme des compositeurs de toute l’Europe et la grande polyphonie .L’ensemble Scandicus vous propose une promenade musicale à travers cette nouvelle Hispania où le profane et le sacré se combinent autour de Mateo Fletxa, Juan del Encina, Diego Ortiz… sans oublier celui que ses contemporains ont surnommé « la lumière de l’Espagne » : Cristobal de Morales.




« Ars Perfecta »


La polyphonie franco-flamande des XVème  et XVIème siècles a été qualifiée d’Ars Perfecta. Cet art est le fruit d’une savante combinaison entre des lignes mélodiques conçues horizontalement et une harmonie verticale parfaite des sonorités. Les polyphonistes Flamands ont rapidement conquis toute l’Europe et au début du XVIème siècle les chapelles Royales de Charles VIII et de François Ier, la Capilla Flamenca de Charles Quint se disputent les musiciens les plus réputés. A Rome, sous le pontificat de Léon X, La chapelle Sixtine connaît un essor tout à fait remarquable avec Cristobal de Morales, Carpentras et Costanzo Festa qui synthétisent les différentes traditions pour donner naissance au style italien qui connaîtra son apogée avec les grands maîtres de la polyphonie Palestrina et Victoria. Scandicus vous invite à une promenade à travers l’histoire de la polyphonie.


“The Pathwaie to Musicke” : Les riches heures de la polyphonie anglaise au temps des Tudor

Le chemin de musique (Pathwaie to Musicke) ! Quelle belle image que celle adoptée par Thomas Morley dans son traité A plaine and easie introduction to Practicall Musicke pour évoquer le chemin parcouru par les musiciens anglais durant la Renaissance. Il faut dire qu’au xvie siècle, le royaume connaît un âge d’or sans précédent, évoqué par Erasme dans sa fameuse Eloge de l’Angleterre. On assiste, sous le règne des Tudors (Henri VIII et Elisabeth I), au développement d’un véritable mécénat artistique et littéraire. A l’instar des grands penseurs et écrivains tels que Thomas More ou encore Shakespeare, le monde musical se trouve des grands maîtres. Cette création autour des polyphonies de Fairfax, Ludford, Taverner, Tallis, Byrd et Dowland, nous permettra de vous faire partager un moment intense et utopique où se mélangeront les genres sacrés et profanes, et les lieux de musique que sont la cour, la chapelle ou la rue, pour un cheminement entre savant et populaire.


 Bon vin doit boire

 « La terre les eaux va boyvant,


L’arbre la boit par sa racine, 


La mer salée boit le vent, 


Et le Soleil boit la marine ; 


Le Soleil est beu de la Lune : 


Tout boit, soit en haut ou en bas: 


Suivant ceste reigle commune


Pourquoy donc ne boirons-nous pas ? » Ronsard, Ode Anacréontique

Le vin, ce précieux nectar si cher à Bacchus, est l’objet, au Moyen Âge et à la Renaissance d’une attention particulière de la part des poètes. Ronsard invite à boire car, si l’on en croît ses mots, « tout boit ». Marot illustre la posture ambivalente de l’homme par rapport à la boisson : « le vin qui trop cher m’est vendu,
M’a la force des yeux ravie,
Pour autant qu’il m’est défendu,
Dont tous les jours m’en croît l’envie ». Le caractère grivois de certains poèmes s’enchaîne à des textes aux sens beaucoup plus profonds comme chez François Villon : « Prince, gent comme émerillon, 
Sachez qu’il fit au départir : 
Un trait but de vin morillon,
 Quand de ce monde vout partir ». Les compositeurs tels que Dufay, Janequin, Certon, Costeley, Lassus, Castro… mettent en musique les poètes et déclinent musicalement les multiples facettes de notre boisson préférée pour un moment intense de partage et de convivialité. À consommer sans modération.


Requiem à la cour de Henri II : déplorations sur les morts de Janequin et Sermisy

 « Musiciens, chantres mélodieux,

En piteux chantz jettez larmes des yeulx» - Pierre Certon

 Exhumée des fonds de la Bibliothèque Nationale, la Missa pro Defunctis de Pierre Certon, compositeur attitré de la Chapelle Royale sous François Ier, est publiée en 1558 par Le Roy et Ballard. Les origines de ce Requiem sont aujourd’hui énigmatiques, toutefois il semblerait qu’il ait été composé pour la mort de Clément Janequin. La polyphonie de Certon, considérée par Rabelais ou encore Burney comme « supérieure à tout ce qu’on a fait de mieux en France à la Renaissance », illustre la ferveur, la gravité et le recueillement des cérémonies funéraires en vigueur au temps de Henri II. La musique fait écho aux murmures, plaintes, gémissement et se mue en silence. Requiescat in pace

 

Capture d’écran 2016-05-20 à 15.05.27 Capture d’écran...
Missa Dominica Missa Dominica